Résumé du livre Je suis la maman du bourreau - David Lelait-Helo
Prier Dieu, vouer sa vie au Diable. Jusqu'où peut aller une mère lorsqu'elle découvre que son fils parfait et adoré est un monstre... ? Du haut de ses 90 ans, Mme de Miremont est la femme la plus dure, austère et pieuse qui soit. Figée dans ses certitudes et sa foi, la vieille dame ne vit que pour Dieu et pour son fils, le père Pierre-Marie. Quand les crimes du prêtre sont révélés au grand jour, Gabrielle vacille, l'armure se fend. Il lui faudra peu à peu baisser la garde pour dénouer les fils du drame. La mère du bourreau voit devant elle se refermer les portes du Ciel et s'ouvrir le plus rocailleux des chemins de croix...
Critique littéraire de ReadTrip à propos de Je suis la maman du bourreau - David Lelait-Helo
J’ai lu ce roman dans le cadre du club de lecture auquel je participe et je dois avouer que je partais plutôt confiante, car c’était un titre dont j’avais déjà entendu parler et que je m’étais noté mentalement. Je n'ai bien sûr pas été surprise par la thématique que l’on voit très vite poindre. Sans surprise, donc, c’est un roman qui va aborder la thématique de la pédophilie dans le milieu religieux et plus particulièrement ici le milieu catholique. Cette histoire fait malheureusement écho à de nombreux scandales qui ont éclaboussé la religion catholique il y a quelques années, à l’omerta et au système de « protection » qui a été apporté à certains religieux et ce pendant des décennies. J’ai trouvé que pour ce qui était du traitement de la thématique du secret, de ce qui est de sauver les apparences coûte que coûte, l’auteur a été plutôt juste. J’ai aimé aussi la façon dont il présente Hadrien, l’une des victimes de ce prêtre bourreau et comment il démontre au travers de ce personnage combien il est difficile pour les victimes de libérer leur parole et de tenter d’accéder à une forme de paix et de rédemption parce que bien souvent ils sont emprisonnés par une forme de honte qu’on leur a inculqué (à tort bien sûr), ou encore parce que parfois le cerveau pour se défendre, a totalement fait abstraction du ou des événements traumatiques qui ne reviennent en mémoire que parfois des dizaines d’années plus tard. Bref, j’ai beaucoup aimé la façon dont il abordait les victimes de ce type d’agression et j’ai du coup beaucoup aimé le personnage d’Hadrien. D’ailleurs, c’est le seul personnage auquel je me sois vraiment attaché et pour lequel j’ai ressenti une énorme compassion. Parce que pour les autres personnages, ce fut plus compliqué. La liste est très courte, mais c’est vrai que par exemple, j’ai eu beaucoup de mal avec Gabrielle qui est pourtant le personnage principal. Il faut dire qu’au départ elle est présentée comme cette femme très froide, bigote et faisant partie de la vieille aristocratie française qui a toute sa vie couvé et totalement adulé son fils devenu prêtre. Rien n’est fait pour qu’on l’apprécie et c’est normal. Mais au fil des pages, elle va être largement bousculée dans ses certitudes que ce soient ses certitudes de mère, mais aussi de croyante et ce revirement est certes intéressant et montre comme il est possible de se remettre en question à n’importe quel âge et comme la vie peut s’écrouler en un instant, mais globalement, émotionnellement, je suis restée pas mal en retrait. Je crois que mon plus gros problème avec ce titre, c’est que l’auteur n’a pas su me toucher et venir me chercher totalement grâce à son écriture. C’est très bien écrit, cela est indéniable, mais ça m’a trop souvent laissée sans émotion. J’ai apprécié l’histoire, ses thématiques, ce qu’elle dénonce, mais je m’attendais à être beaucoup plus investie et bousculée émotionnellement. Dans le genre et sur une thématique semblable, j’ai beaucoup plus été touchée par « Mon père » de Grégoire Delacourt. En plus de cette difficile thématique des abus au sein de la religion catholique, « Je suis la maman du bourreau » est un roman qui parle bien sûr de la perte de la foi, de culpabilité, mais aussi et surtout de la maternité et jusque où ce lien entre une mère et son enfant peut mener. La fin, que personnellement, j’avais pressentie dès le début, amène d’autres questionnements : qu’aurais-je fait moi-même à la place d’untel ou untel ? Comment aurais-je réagi et aurais-je été capable de cela ? C’est un roman qui interroge, c’est sûr. C’est un roman qui rappelle que cela existe et qu’il reste encore beaucoup à faire pour libérer la parole des victimes et tenter de leur apporter soutien ainsi qu’une forme de libération, mais je ne peux nier que la plume, certes très belle, n’a pas su m’impliquer émotionnellement, n’a pas su venir me cueillir et du coup, ce n’est pas un roman qui restera marquant pour ma part. C’est un titre court et bien écrit donc si les thématiques vous intéressent allez-y, mais pour ma part, je retiendrais beaucoup plus « Mon père ». Je serais malgré tout curieuse de tenter un autre roman de David Lelait-Helo pour voir si sa plume peut plus m’embarquer peut-être avec d’autres sujets.
NOTA BENE
L’avis de la rédaction est purement personnel et nous ne prétendons en aucun cas que cette critique littéraire soit à prendre comme une vérité absolue. Nous vous invitons donc à laisser votre propre critique dans les commentaires et à noter ce livre afin d’avoir un avis général représentant au mieux la foule des lecteurs.
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