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Petite île, immense littérature : l’Irlande a donné au monde quatre prix Nobel, le plus célèbre des vampires et un roman qui cartographie Dublin rue par rue. Entre humour noir, mélancolie tenace et pintes bien tirées, suivez sa carte littéraire : les romans vous y attendent.
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Pour un pays de cette taille, l’Irlande a un culot littéraire phénoménal. Ce bout d’île balayé par la pluie a offert au monde quelques-uns de ses plus grands écrivains et, au passage, pas mal de légendes, de pubs et d’histoires qu’on se raconte jusqu’au bout de la nuit.
Tout commence dans une longue tradition de conteurs, mais c’est surtout à partir du XVIIIᵉ siècle que l’Irlande se met à aligner les géants. Jonathan Swift envoie Gulliver chez les lilliputiens, Oscar Wilde promène son esprit mordant du salon londonien au « Portrait de Dorian Gray », et Bram Stoker invente, depuis Dublin, le plus célèbre des vampires avec « Dracula ». Puis vient James Joyce, qui fait de Dublin une véritable ville-livre : son « Ulysse » arpente la capitale rue par rue, heure par heure (de quoi ravir une carte littéraire).
Et comme si ça ne suffisait pas, cette petite île a raflé quatre prix Nobel de littérature : Yeats, Shaw, Beckett et Heaney. Samuel Beckett y a réinventé le théâtre avec « En attendant Godot », pendant que la poésie irlandaise continuait de chanter la tourbe, la mer et les vieilles blessures. Un héritage un peu intimidant, d’accord… mais tellement vivant.
l’Irlande n’a cependant pas tout donné au siècle dernier. La scène contemporaine vit même un véritable âge d’or. Sally Rooney a fait de ses trentenaires dublinois un phénomène mondial (« Normal People »), Colm Tóibín raconte l’exil et les silences de famille (« Brooklyn »), Roddy Doyle croque le Dublin populaire avec gouaille et tendresse, et Claire Keegan bouleverse en moins de cent pages (« Ce genre de petites choses »).
Les amateurs de frisson ne sont pas en reste : Tana French promène sa brigade criminelle dans les rues et les forêts d’Irlande. Un véritable régal pour une carte littéraire ! Sans oublier Marian Keyes, reine de la comédie douce-amère qu’on dévore en une nuit, ou John Banville et Anne Enright, orfèvres de la phrase et habitués des grands prix.
S’il fallait résumer la littérature irlandaise, je dirais : un art du récit hérité des conteurs, un humour qui frôle souvent le désespoir (le fameux craic), un goût prononcé pour les secrets de famille et les non-dits, et des décors qui deviennent des personnages (Dublin et ses pubs, la côte sauvage de l’Ouest, les tourbières et cette pluie qui ne lâche jamais rien).
Bref, une littérature capable d’être drôle et déchirante dans la même phrase, intime et universelle : il y en a pour tous les goûts, que vous soyez plutôt grande épopée dublinoise ou huis clos de campagne.
Bonne nouvelle : une bonne partie de ces romans (classiques comme contemporains) sont déjà chroniqués et géolocalisés sur ReadTrip. Cliquez sur un point de la carte ou parcourez nos fiches de livres irlandais pour dénicher votre prochaine lecture. Et si un titre ou un auteur manque encore à l’appel, vous savez quoi faire : proposez-le !
Les grands auteurs irlandais
Dublin arpenté rue par rue.
L’esprit le plus affûté de son siècle.
Le père de Dracula, né à Dublin.
L’absurde et l’attente, en maître.
Les amours compliquées de la jeunesse irlandaise.
Le polar qui hante les rues de Dublin.
L’exil et l’intime, tout en retenue.
Le Dublin populaire, gouailleur et tendre.
À lire aussi : Focus sur l’Irlande
Pas encore d’article focus disponible… mais promis, on y travaille ! Dès qu’un carnet de lecture consacré à l’Angleterre (ou à l’une de ses villes) sera publié, il apparaîtra ici.