Résumé du livre La femme que nous sommes - Emma Deruschi
En apparence, Elisa a tout pour être heureuse. Un métier qu'elle aime, une petite fille de trois ans qui fait son bonheur, des amies qui lui sont chères et un mari dévoué. Mais ça, ce sont les apparences. Et elles cachent une réalité bien différente qu'Elisa garde pour elle, sans jamais oser en parler à personne. Qui pourrait la croire ? Elisa a pris une décision. Encore quelques derniers détails à régler et plus qu'une journée à "tenir".Raconté tour à tour par les femmes présentes dans la vie d'Elisa, ce roman dresse le portrait de la femme que nous sommes.
Critique littéraire de ReadTrip à propos de La femme que nous sommes - Emma Deruschi
On m’avait conseillé "La femme que nous sommes" en me disant qu’il pourrait très certainement me plaire et je remercie la personne qui a mis ce titre sur mon chemin, car ce fut une sacrée claque. Quel roman, quelle narration et également quelle triste réalité !
J’avoue qu’au départ, j’ai un peu douté. En effet, d’un chapitre à l’autre, on suit des femmes différentes. On comprend rapidement que toutes sont connectées d’une façon ou d’une autre et que le point central qui les réuni toutes est le personnage d’Élisa. Et je me disais "Ok c’est sympa, mais il me manque un petit quelque chose pour faire la différence". Et puis au fur et à mesure qu’on avance, on découvre des femmes de plus en plus proches d’Élisa et on se rapproche donc de plus en plus du nœud du problème. Ce procédé ainsi que quelques fins de chapitres laissant supposer que quelque chose d’important est arrivé, font monter la tension de manière assez efficace.
J’ai eu beaucoup de mal à lâcher "La femme que nous sommes" parce qu’en tant que lecteur, on veut avancer pour comprendre ce qui doit arriver à la fin et en même temps, on ressent qu’on s’enfonce un peu plus à chaque page vers l’enfer, vers l’inévitable et on continue en espérant entrevoir une porte de sortie. L’auteure a vraiment bien choisi sa narration. Non seulement, j’ai trouvé cela très original, mais en plus, finalement le fait de distiller des éléments de la vie d’Élisa au travers des yeux d’autres femmes de son entourage, était le prétexte parfait pour aborder de nombreux sujets autour de la femme dans notre société moderne occidentale.
En effet, grâce à cette galerie de femmes très différentes les unes des autres que ce soit par leur âge, leur condition sociale, leur couleur de peau, leur orientation sexuelle, Emma Deruschi démontre avec une facilité déconcertante que globalement, toutes les femmes sont plus ou moins touchées par les mêmes problématiques et les mêmes maux. Dans "La femme que nous sommes" elle met en avant tout d’abord les injonctions faites aux femmes et notamment au corps des femmes dans notre société. Le fait de "devoir" être comme ceci sans être trop comme cela. Il faut plaire sans avoir l’air d’une allumeuse, être parfaite sans chirurgie (ou du moins sans l’avouer), être intelligente, mais pas trop, ne pas être trop timide ni trop extravagante non plus… et puis il y a bien sûr les injonctions concernant le désir de maternité.
Au travers de toutes ces femmes, l’auteure dresse un constat assez effarant et malheureusement très réaliste de la condition féminine, de ce que la société attend bien souvent de femmes et des difficultés pour les femmes d’exister parfois dans cette société et d’y évoluer en sécurité (ce qui est rarement le cas). Et puis bien sûr "La femme que nous sommes", c’est en premier lieu un roman bouleversant sur le sujet des féminicides et des violences conjugales. Emma Deruschi arrive parfaitement à faire comprendre que cela peut toucher n’importe qui sans distinction et que bien souvent, cela n’est pas perçu par l’entourage.
En plus de ce sujet oh combien important, elle a parfaitement démontré avec cette histoire les mécanismes d’emprise au sein d’une relation toxique. Elle montre au lecteur comment cette dynamique d’emprise et de main mise se fait de façon insidieuse au départ, presque imperceptible pour arriver rapidement à des schémas de soumission totale dont il est très difficile de sortir. Ce roman raconte avec beaucoup de justesse et malheureusement de réalisme le quotidien de trop de femmes (parce que dans l’immense majorité des cas, les victimes sont des femmes même si l’on n’oublie pas que cela touche également parfois des hommes.).
J’ai trouvé les situations et les portraits ainsi que les psychologies des différents personnages très juste. C’est vraiment une histoire qui touche en plein cœur, une histoire tristement d’actualité qui aborde de plein fouet des questions sociétales importantes qu’il serait grand temps de prendre à bras-le-corps. Ce titre, il dit aux femmes "Sentez vous libres dans tous les aspects de votre vie et arrêtez d’écouter les autres et surtout de vous comparer aux autres". "La femme que nous sommes" invite aussi à plus de sororité.
En bref, c’est un roman extrêmement poignant, très dur, mais avec une touche d’espoir et l’idée que la lumière au bout du tunnel viendra principalement grâce aux femmes elles-mêmes, mais qu’heureusement, elles peuvent aussi compter sur certains hommes. L’auteure ne dresse pas un tableau tout noir, elle dresse un tableau juste. C’est une sorte de tour d’horizon de la condition des femmes dans notre société, et ce, sous plusieurs prismes et à travers toutes les couches sociales avec tout de même l’accent mis sur les violences envers les femmes et notamment donc, les violences conjugales.
Si je devais chercher la petite bête, je dirais qu’à titre personnel, j’aurais aimé un style d’écriture un tout petit peu plus travaillé, mais cela n’a pas empêché "La femme que nous sommes" d’être un formidable coup de cœur pour ma part. Cette histoire m’a prise aux tripes, m’a serré le cœur et m’a même fait verser quelques larmes à la fin, c’est pour dire. Comme d'habitude, lorsqu’un titre est un coup de cœur et qu’il me bouleverse, j’ai toujours l’impression de très mal en parler et de ne pas lui rendre justice alors le mieux que je puisse dire, c’est lisez-le. Lisez-le si vous voulez comprendre et j’espère que ce titre laissera une trace en vous comme il a laissé une trace en moi, et ce, pour toute ma vie de lectrice, je pense.
NOTA BENE
L’avis de la rédaction est purement personnel et nous ne prétendons en aucun cas que cette critique littéraire soit à prendre comme une vérité absolue. Nous vous invitons donc à laisser votre propre critique dans les commentaires et à noter ce livre afin d’avoir un avis général représentant au mieux la foule des lecteurs.
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