Critique littéraire de ReadTrip à propos de Le reine des neiges - Hans Christian Andersen
Je pense que nous sommes nombreux à connaître « La Reine des neiges ». Ou plutôt, à croire que nous la connaissons (car Disney est passé par là et nous a tous fourvoyés). Je suis une grande fan de l’univers Disney et c’est l’une des raisons qui fait que je suis toujours curieuse de lire les contes ou histoires originels qui ont inspiré les dessins animés qu’ils en ont ensuite fait. Et c’est exactement pour cela que j’ai eu envie de lire « La reine des neiges » de Hans Christian Andersen. Parce qu’avant de devenir l'un des plus grands succès des studios Disney, « La Reine des neiges » était avant tout un conte écrit par Hans Christian Andersen et publié en 1844. Autant vous prévenir tout de suite : si vous pensez retrouver dans ce livre les aventures des deux célèbres princesses d'Arendelle, vous risquez d'être sacrément surpris et un peu déçus ! L'histoire d’Andersen débute avec un miroir maléfique qui déforme tout ce qu'il reflète, faisant disparaître la beauté et la bonté pour ne laisser apparaître que la laideur et les défauts. Lorsque celui-ci se brise, ses fragments se dispersent à travers le monde et certains pénètrent dans les yeux et dans le cœur des êtres humains. Et c’est précisément ce qui arrive au jeune Kay, qui devient progressivement froid, cruel et indifférent envers son amie Gerda. Jusqu'au jour où il disparaît, emporté par la mystérieuse Reine des neiges. Refusant de l'abandonner, Gerda décide de partir à sa recherche, entamant un long voyage au cours duquel elle fera de nombreuses rencontres, parfois bienveillantes, parfois beaucoup moins.
Il s'agit d'un récit relativement long pour un conte (on est plus pour moi sur un format novella), divisé en sept histoires qui nous entraînent dans des univers très différents. Nous passons ainsi d'un jardin enchanté à un palais, puis à une forêt peuplée de brigands, avant de rejoindre les étendues glacées du Grand Nord.
J’ai beaucoup aimé la dimension initiatique de cette histoire qui est régulièrement présente dans les contes. Au cours de son voyage, découvre progressivement le monde et doit surmonter des épreuves. J'ai trouvé cette petite fille très attachante bien qu’un peu (beaucoup ?) naïve. Ce n’est qu’une petite fille animée des meilleures intentions qui refuse d’oublier son ami et c'est précisément ce qui fait toute sa force. Là où beaucoup de contes mettent en scène des héros capables de vaincre leurs ennemis grâce à la force ou à la ruse, Andersen choisit de faire triompher la tendresse, la compassion et la persévérance. J’ai apprécié l’atmosphère de ce conte, très poétique avec une opposition permanente entre le froid et la chaleur, entre la glace et les fleurs, entre la solitude et l'amour. Finalement, « La Reine des neiges » n'est pas vraiment un conte sur la magie, mais plutôt un conte sur l'amour, l’amour désintéressé qui nous pousse à prendre soin des autres et à ne pas les abandonner lorsqu'ils traversent des périodes difficiles. Et si on peut vaguement rapprocher cela du comportement d’Anna, on ne va pas se mentir, j’ai globalement retrouvé très peu de points communs avec le dessin animé de Disney. Disney a donc conservé quelques éléments fondamentaux du conte, mais a complètement réinventé son histoire. Ils ont bien sûr gardés l’atmosphère glaciale ainsi que cette figure féminine associée à l'hiver (Elsa), un palais glacé et surtout une héroïne déterminée à retrouver une personne qu'elle aime. Et c’est à peu près tout. Point de fratrie, point d’Olaf, et surtout point de happy end pour la Reine des neiges (qui d’ailleurs est au final très, très peu présente dans le conte). La plus grosse différence est finalement presque dans le traitement même du personnage de la Reine des neiges, ce qui est un comble quand on sait que ce personnage donne le titre du conte ET du dessin animé ! Cependant, il y a un point commun dans les deux œuvres, c’est que l'amour véritable n'est pas présenté comme une récompense romantique, mais comme une force capable de transformer les êtres. Le conte présente aussi pas mal de référence à la chrétienté, qui sont sans surprise totalement supprimée dans l’adaptation. Est-ce que ce titre m’a procuré un grand plaisir de lecture ? Non. C’était sympa, mais sans plus. Est-ce que je vais en garder un souvenir précis ? J’en doute. Mais je suis tout de même très heureuse de l’avoir lu, ne serait-ce que pour ma culture personnelle. De plus, il m’aura permis de découvrir l’écriture si particulière d'Andersen, à la fois simple, poétique et assez mélancolique. « La Reine des neiges » est donc un joli conte, bien plus sombre et symbolique que son adaptation Disney, qui mérite largement d'être découvert pour lui-même.
NOTA BENE
L’avis de la rédaction est purement personnel et nous ne prétendons en aucun cas que cette critique littéraire soit à prendre comme une vérité absolue. Nous vous invitons donc à laisser votre propre critique dans les commentaires et à noter ce livre afin d’avoir un avis général représentant au mieux la foule des lecteurs.

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