Résumé du livre Shining in the dark - Collectif (sous la direction de Hans-Ake Lilja)
À l’occasion des vingt ans de Lilja’s Library, l’un des sites de référence sur l’œuvre de Stephen King, son responsable, Hans-Åke Lilja, a fait appel à la fine fleur de la littérature fantastique mondiale pour composer cette anthologie. Du King lui-même – avec un texte inédit en français – à Jack Ketchum, en passant par Clive Barker, John Ajvide Lindqvist ou Ramsey Campbell, vous trouverez dans ces pages de quoi alimenter quelques belles nuits cauchemardesques…
"Shining in the dark" est inédit en français. Au sommaire, des textes de qualité par des auteurs talentueux : Stephen King, Clive Barker, John Ajvide Lindqvist, Jack Ketchum, P. D. Cacek, Ramsey Campbell, Stewart O’Nan, Bev Vincent, Brian Keene, Richard Chizmar, Kevin Quigley, Edgar Allan Poe, Brian James Freeman...
Critique littéraire de ReadTrip à propos de Shining in the dark - Collectif (sous la direction de Hans-Ake Lilja)
Je ne savais pas que cette anthologie avait été pilotée par Hans-Ake Lilja et j’avoue que je ne partais pas du coup ultra confiante étant donné que j’avais moyennement apprécié son ouvrage sur King ("Stephen King, not just horror") que j’avais trouvé trop amateur.
Le compresseur bleu
Ce n’est clairement pas l’une des meilleures nouvelles de King. Oserais-je dire que c’est même l’une des pires ? J’ai beaucoup de mal avec les nouvelles très courtes écrites par Stephen King et cette fois encore cela ne l’a pas fait. De plus, l’auteur fait des interventions dans la nouvelle même et j’ai plus eu l’impression de lire un petit traité de "Voilà comment moi King je construis mes nouvelles" que de lire une vraie nouvelle aboutie. De plus, le côté horrifique n’était pas au rendez-vous pour moi.
Le réseau
Je ne connaissais pas P.D Cacek mais Jack Ketchum est l’un de mes auteurs favoris alors j’avoue que j’attendais beaucoup de cette nouvelle et pour le coup, je n’ai pas été déçue. Tout d’abord, la forme même de la nouvelle m’a parlé puisqu’on a cet échange de mails qui avait un côté délicieusement nostalgique et qui rappellera, je pense, à toute personne née dans les années 80, les échanges et tentatives de drague par messages interposés sur un chat ou autre. Et puis petit à petit, on sent poindre un petit problème jusqu’à ce final diaboliquement parfait. "Le réseau", c’est un très bon exemple de l’horrifique réaliste qui peut prendre place dans le quotidien des gens lambdas. De plus, j’ai largement souri aux clins d’œil envers King avec le chat Cujo et envers Dennis Lehane, deux très très grands auteurs américains. Rien de très original donc, mais c’était malgré tout réussi.
Le roman de l’holocauste
Nouvelle intéressante sur le travail de l’écriture et notamment de la biographie et sur le fait de réécrire sa vie. Cependant, je n’ai pas vu la dimension horrifique de cette histoire. Nouvelle sympathique, mais qui n’a pas vraiment de rapport avec la promesse première de cette anthologie.
Aeliana
J’ai déjà lu une nouvelle de Bev Vincent et je me souviens qu’elle m’avait très moyennement convaincue et malheureusement, il en sera de même pour celle-ci. L’écriture de Bev Vincent est très didactique et manque vraiment de finesse et d’ambiance pour moi. Cette histoire dans un monde qu’on imagine futuriste et un peu postapocalyptique autour d’un personnage qui se rapproche du vampire avait de quoi être intéressante, mais finalement, j’ai eu la sensation de lire un premier jet d’idées ayant pour but de donner lieu à un roman plus qu’une nouvelle qui aurait été construite pour être une nouvelle.
Charabia et Theresa
Sacré délire de l’artiste ! J’ai trouvé cette nouvelle bien plus drôle qu’effrayante (même si bien souvent, il s’agit d’humour noir). On y trouve une certaine critique de la religion et finalement surtout de l’humain qui est bien souvent faible. Une nouvelle sympathique, mais loin de faire peur !
La fin de toutes choses
Superbe nouvelle ! Voilà la preuve qu’il est possible de proposer une bonne histoire en peu de pages. J’ai adoré ce récit qui présente l’une des pires horreurs sur terre, celle de la perte d’êtres chers. En effet, on suit un père de famille en perdition totale après la mort de son fils et sa femme. Son existence n’est alors plus que souffrance, souvenirs et il ne cesse d’être torturé par l’idée du suicide pour retrouver sa famille perdue. Une nouvelle assez simple dans la forme, mais pour autant extrêmement poignante que je ne suis pas prête d’oublier.
La danse du cimetière
Je ne suis pas la plus grande fan qui existe de Richard Chizmar, loin sans faux, mais je dois avouer que cette nouvelle est plutôt réussie. Très courte, elle plante très rapidement le décor (un cimetière), une situation de départ un peu énigmatique (un type qui cherche une tombe en particulier avec un papier dans la poche) mais les derniers paragraphes viennent tout éclairer et c’est assez jubilatoire quand on comprend que l’horreur naît de la folie. Très chouette nouvelle !
L’attraction des flammes
Je ne connaissais pas l’auteur et je dois dire que dans l’ensemble, c’est assez bien passé. Dans cette nouvelle, il livre sa version du sujet horrifique très classique de la maison hantée. À ce sujet, je dirais qu’il est resté plutôt classique, mais somme toute efficace dans l’ensemble. J’ai retrouvé dans cette histoire des vibes à la Stephen King avec notamment de groupe de trois gamins qui aiment se faire peur et également cette thématique de la perte de l’innocence. Pour ce qui est des ressorts horrifiques, ils n’ont pas forcément fonctionné sur moi, mais si vous êtes un lecteur phobique des papillons, alors je ne doute pas que cette histoire risque de vous faire passer un mauvais quart d’heure.
Le compagnon
Voilà une nouvelle que j’ai trouvé franchement mauvaise. Tout d’abord, il y avait un vrai problème au niveau du style même. Je ne sais si cela est dû à une mauvaise traduction ou si tout simplement cela est du fait de l’auteur lui-même, mais j'ai trouvé le style très scolaire et en même temps très brouillon. L’auteur a repris la thématique du train fantôme. Pourquoi pas. Mais de la façon dont il l’a traité, je me suis beaucoup ennuyé et la fin n’était même pas intéressante sans compter qu’en plus, la dimension horrifique est pour moi inexistante. Franchement oubliable.
Le cœur révélateur
Je comprends désormais pourquoi Allan Poe est vu comme l’un des maîtres de l’horreur et de la littérature gothique. Quelle nouvelle ! Courte mais percutante. L’écriture vibre, entraîne le lecteur dans une sorte de tourbillon de folie et de bizarrerie un poil angoissant. Est-ce la folie ou le poids de la culpabilité qui vient sonner aux oreilles du narrateur ? Qu’importe la réponse finalement, car l’ambiance de cette courte histoire était diablement sombre et frissonnante.
L’amour d’une mère
Une nouvelle ancrée dans le réel à glacer le sang. Cette nouvelle aborde la thématique de la fin de vie, de l’aide à mourir et de ce que l’on est prêt à faire pour ceux que l’on aime. La toute fin est glaçante. Mélange de folie, de peine et de désespoir. Encore un exemple de nouvelle très courte mais particulièrement réussie.
Le manuel du gardien
Cette nouvelle n’est bien sûr pas sans rappeler l’ambiance Stranger Things avec ce groupe de jeunes garçons qui se retrouvent dans le sous-sol de l’un d’eux pour jouer à un jeu de rôles. Tout du long, on y parle de l’univers de Lovecraft et entre autre du Cthulhu.
Très bonne nouvelle assez longue avec en son centre un duo de jeunes garçons et la fin était géniale et surprenante. Une chouette plongée dans l’univers du jeu de rôle, de l’adolescence et des croyances horrifiques qui m’a donné une fois de plus envie de lire enfin H.P Lovecraft.
Bien que ne partant pas forcément confiante en débutant ma lecture, je dois reconnaître que finalement cette anthologie m’a fait passé un bon moment. Toutes les nouvelles ne se valent clairement pas, ce qui est fort dommage et très peu ont pour moi vraiment revêtu une dimension un tant soit peu horrifique réussie, mais je retiendrai néanmoins certaines de ces nouvelles qui sortaient clairement du lot. De plus, "Shining in the dark" m’a permis de découvrir des auteurs que je n’avais jamais lus (comme Edgar Allan Poe ou encore Freeman et Linqvist) et m’a donné envie de lire dans le futur des écrits peut-être plus conséquents de ces auteurs. Un manque d’homogénéité, mais au global une plutôt bonne découverte !
NOTA BENE
L’avis de la rédaction est purement personnel et nous ne prétendons en aucun cas que cette critique littéraire soit à prendre comme une vérité absolue. Nous vous invitons donc à laisser votre propre critique dans les commentaires et à noter ce livre afin d’avoir un avis général représentant au mieux la foule des lecteurs.
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