Résumé du livre Holly - Stephen King
Dans une jolie maison victorienne d’une petite ville du Midwest, Emily et Rodney Harris, anciens professeurs d’université, mènent une vie de retraités actifs. Malgré leur grand âge, les années ne semblent pas avoir de prise sur eux. À quelques pas de leur demeure, on a retrouvé le vélo de Bonnie Dahl, récemment disparue. Elle n’est pas la première à se volatiliser dans ce périmètre. Chose étrange : chaque fois, il s’agit de jeunes gens. Quels secrets inavouables cachent les murs tapissés de livres des époux Harris ?
Sur l’insistance de la mère de Bonnie, l’enquêtrice Holly Gibney, héroïne de la trilogie Mr Mercedes et de L’Outsider, accepte de reprendre du service.
Critique littéraire de ReadTrip à propos de Holly - Stephen King
Ça y est, j’ai enfin lu ce King que j’attendais depuis l’annonce de sa sortie en français et le moins que je puisse dire, c’est que je ne fus pas déçue. Il faut dire aussi que je ne suis pas totalement objective, car pour rappel, Holly est l’un de mes personnages préférés de l'univers de Stephen King, et même au-delà, de la littérature en général. J’ai vraiment un affect tout particulier pour elle est, j’ai aimé chacun des livres dans lesquels elle est apparue par le passé (saga Mr Mercedes en tête bien sûr). Je tiens d’ailleurs à le préciser tout de suite : attention "Holly" spoile toute la trilogie Mr Mercedes et de façon globale, il revient même sur toutes les enquêtes passées de Holly (donc aussi celle de "l’Outsider" et de "Si ça saigne").
L’une de mes craintes en débutant "Holly", parce que j’en avais entendu parler, c’est que le Covid soit trop présent dans l’histoire, car généralement, c’est un élément que je n’apprécie pas particulièrement retrouver dans mes lectures. Alors, oui, il est pas mal question du Covid, mais au-delà de parler du Covid, cela permet surtout de mettre en scène le clivage actuel au sein de la population des États-Unis. J’avoue qu’au début, le sujet revenait beaucoup dans l’histoire et cela m’a un peu fait tiquer et finalement, au fur et à mesure que l’intrigue avance, cet élément s’estompe et se fait oublier, à mon grand soulagement.
Au-delà du Covid, Stephen King n’a pas hésité à aborder dans "Holly" d’autres sujets clivants dans son pays tels que Black Lives maters ou encore les pros et antivaccins (sans parler de Trump qu’il se fait un plaisir une fois de plus de critiquer allègrement). King a toujours écrit des romans très ancrés dans une période donnée de la société américaine en détaillant le contexte historique et social de cette période et finalement, c’est ce qu’il fait une fois de plus sauf que pour le coup, nous ne sommes pas dans les années 60, mais durant la période Covid que nous avons tous vécu. Il apparaît clairement que dans ses romans récents, la politique et les questions sociétales des Etats-Unis sont très présents et je pense que dans le genre, "Holly" est certainement l’un des romans les plus politique qu’il ait écrit jusque-là (dans lequel en tout cas, il aborde la question de façon aussi frontale.).
Pour en revenir à Holly, j’ai adoré une fois de plus la voir évoluer. Dans ce roman-ci, elle fait face à un deuil et à une découverte sur sa famille pour le moins surprenante et cela la force à sortir encore un peu plus de sa coquille. Elle a vraiment beaucoup évolué depuis qu’on l’a rencontré dans "Mr Mercedes" et je suis presque émue de la voir à chaque fois sortir un peu plus de sa chrysalide, presque comme une mère qui verrait son enfant grandir et s’émanciper.
Une fois de plus, King sait parfaitement comment créer de l’affect envers ses personnages (ou au contraire, de l’aversion pure) et il en joue avec brio. Dans le genre, j’ai d’ailleurs beaucoup aimé une très chouette relation intergénérationnelle qui se met en place entre Barbara et une vieille dame. C’est là encore un schéma que comme Stephen King maîtrise très bien (comme cela était le cas également dans "Le téléphone de Mr Harrigan" par exemple). Je sais que ce même genre de relation existe aussi dans "Conte de fées" et cela me donne du coup envie de sortir ce pavé.
Les deux petits vieux à contrario sont eux, complètement détestables (et encore, âme mot est faible). Et en même temps, ce que j’ai trouvé très malin de la part de King, c’est qu’il réussit à leur insuffler parfois une touche d’humanité dans les moments de démonstration d’amour qu’ils se portent l’un l’autre. Dans ces quelques passages, ils apparaissent alors effectivement comme deux adorables petits vieux ayant passé leur vie à veiller l’un sur l’autre et cela renforce leur ambivalence et permet de donner encore plus de relief à ces deux personnages que je ne suis pas prête d’oublier ! À travers eux, Stephen King a une fois de plus fait la démonstration (et il l’explique d’ailleurs très bien dans sa note à la fin du roman.) qu'il n’y a pas besoin de fantastique pour imaginer les pires horreurs, car malheureusement, l’humain est lui-même tout à fait capable d’imaginer et de mettre en œuvre les desseins les plus sombres et cruels qui soient.
Comme très souvent, dans ses romans, King sème tout du long des petites graines ou plutôt des petits engrenages qui au fur et à mesure vont s’assembler pour prendre forme et former un tout à la fin. Cette construction narrative est vraiment très représentative de son œuvre et personnellement, c’est quelque chose que j’apprécie et qui me permet tout de suite de savoir que je vais plonger dans l’univers de cet auteur. Et dans son univers, il est clair que j’adore vraiment quand il écrit des polars. Attention, on est loin du polar traditionnel avec gros retournement de situation etc, mais j’aime sa façon d’écrire et d’interpréter à sa façon ce genre littéraire.
J’ai d’ailleurs beaucoup aimé la façon dont Holly enquête, car en effet, elle enquête comme une vrai détective privée et non avec des moyens de flics qu’elle n’a pas comme c’est régulièrement le cas dans les romans dans lesquels une enquête est menée par une personne ne faisant pas partie des forces de l’ordre. Je déteste quand un journaliste ou autre se retrouve à mener une enquête et qu’il le fait comme s’il était flic alors qu’il ne l’est pas. Cela décrédibilise tout de suite l’histoire, je trouve or là, ce ne fut pas le cas. Attention par contre, à noter tout de même qu’on reste dans du King et que par conséquent, certains passages ne sont pas avares en détails un peu gores et sanguinolents.
Pour ma part, "Holly" fut donc un petit coup de cœur tant par son histoire en elle-même et tout ce qu’elle traîne dans son sillon de réflexions sociologiques et sociales que de par les relations entre les personnages (Holly et la famille Robinson sont vraiment trop choux) ou encore pour le fait d’avoir pu retrouver ce personnage d’Holly que j’aime tant. Je sais que Stephen King a prévu d’arrêter d’écrire dans les années à venir, mais j’espère qu’il nous livrera encore quelques aventures avec Holly, car à titre personnel, je pourrais encore la suivre très longtemps tant, je suis attachée à elle.
NOTA BENE
L’avis de la rédaction est purement personnel et nous ne prétendons en aucun cas que cette critique littéraire soit à prendre comme une vérité absolue. Nous vous invitons donc à laisser votre propre critique dans les commentaires et à noter ce livre afin d’avoir un avis général représentant au mieux la foule des lecteurs.
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