Résumé du livre L'entomologiste - Franck Bouysse
« Il s’était toujours méfié des collectionneurs ; cette nécessité de posséder jusqu’à l’extase semblait recouvrir un vide immense. »
Jacques Bélony enquête sur le meurtre d’un homme dont le corps a été retrouvé couvert de fourmis de feu. Lorsqu’une deuxième victime d’insectes est identifiée, il est évident que les deux affaires sont liées. Qui se cache derrière ces bêtes tueuses ? Quel est le point commun entre ces deux hommes aux vies minuscules ?
Assisté par la remarquable lieutenante Marie Dalençon, fraîchement sortie de l’école de police, le capitaine Bélony, lui-même marqué par la perte d’un être cher, plonge dans le passé des deux défunts, à la recherche d’un indice qui ferait parler les insectes.
Franck Bouysse nous guide lors d’une exploration des failles et des affects des hommes. Le territoire des êtres les plus petits et les plus redoutables est ici un superbe motif pour sonder le lien de la filiation.
Critique littéraire de ReadTrip à propos de L'entomologiste - Franck Bouysse
On peut dire que grâce à "L’entomologiste" je suis moins fâchée avec le Franck Bouysse auteur de polars qui jusque-là soyons clairs, avait été loin de me convaincre. Ce roman est donc pour moi effectivement meilleur que ses autres romans policiers, "Orphelines" et "Oxymort" mais cela reste toujours moins bon que quand il écrit des romans noirs ruraux.
Je ne vous recommanderais pas de lire "L’entomologiste" si vous souhaitez un pur roman policier. Ce n’est clairement pas une histoire à lire pour l’enquête policière. En effet, l’enquête policière ne sert que comme écran de fumée pour laisser planer un certain mystère et surtout pour amener le lecteur au final à s’interroger sur certaines thématiques. Parce que si je regarde simplement le dérouler de l’enquête policière ainsi que les actions et répliques des deux policiers, il y a pour moi un manque de crédibilité et de réalisme.
La résolution finale était d’ailleurs pour moi un peu bancales avec un peu trop de hasards heureux, mais une fois encore, l’intérêt du roman n’est pas là. Ce qui est intéressant, ce sont les questionnements qu'apporte cette fin. Et moi, en tant qu’individu, aurais-je fait ceci ou cela comme untel ou untel ? Sans entrer nullement dans les détails, sachez donc que dans "L’entomologiste", il est beaucoup question de liens familiaux (forts ou au contraire plutôt délétères) et également de vengeance.
En tant que fan d’insectes et plus particulièrement de papillons, sans surprise je me suis régalée avec toute la partie purement entomologiste de ce roman. Pour les connaître, je visualisais parfaitement certains insectes lorsqu’il en était question dans l’histoire et pour ma part cela a rajouté du réalisme et un côté immersif à cette histoire. Cependant, si les petites bêtes ne vous intéressent pas ou pire, que vous en êtes phobiques, ne vous tournez peut-être pas vers "L’entomologiste". Pour ma part, j’ai vraiment apprécié en apprendre encore plus sur certaines espèces.
Je dirais donc pour moi que ce n’est clairement pas le meilleur Franck Bouysse que j’ai pu lire, loin de là, ni le plus mémorable, je pense. Cependant, son écriture reste toujours aussi agréable, délicate avec ce petit quelque chose de bizarre et d’un peu inquiétant parfois. Je trouve que cet auteur sait parler avec beaucoup de poésie de la noirceur et des sentiments parfois les moins avouables dont l’humain peut faire preuve. Même si toutes ses histoires ne m’ont pas toujours embarquée, sa plume, elle n’a jamais cessé de me charmer, de me toucher et de sonner agréablement à mes oreilles.
Bien que les personnages de ce roman ne soient pas foncièrement attachants, j’ai tout de même ressenti une certaine empathie et une forme de compassion pour le personnage de Lucas. Pourtant, il s’agit d’un jeune homme étrange par certains aspects et qui semble la plupart du temps comme coupé de ses sentiments un peu à la manière d’une personne atteinte d’alexithymie. En tant que lecteur, on ne sait pas vraiment quoi penser de lui et il apporte une certaine froideur à "L’entomologiste" et surtout, cela peut avoir tendance à nous laisse nous-même un peu en retrait émotionnellement de l’histoire et pourtant, par petite touche, l’auteur sait briser cette carapace et au final, je n’en ai trouvé ce personnage que plus touchant et plus intéressant.
Voilà donc un roman de Franck Bouysse à mon actif qui m’aura fait passé globalement un bon moment de lecture et qui aura eu le mérite de me réconcilier un peu avec les polars de l’auteur. Cependant, je pense que le prochain que je lirai de lui, je le choisirai dans le genre dans lequel pour moi il excelle, c’est-à-dire le roman noir, souvent rural, avec un fond social généralement très présent et des personnages au passé nébuleux. Bien que cette lecture fut loin du coup de cœur pour moi, Franck Bouysse reste l’un de mes auteurs favoris que je continuerai à suivre et à lire avec bonheur.
NOTA BENE
L’avis de la rédaction est purement personnel et nous ne prétendons en aucun cas que cette critique littéraire soit à prendre comme une vérité absolue. Nous vous invitons donc à laisser votre propre critique dans les commentaires et à noter ce livre afin d’avoir un avis général représentant au mieux la foule des lecteurs.
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